Les Suisses allemands, romands et le « Röstigräben » au musée Vindonissa de Brugg

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• 13 décembre 2014

Dimanche 7 décembre, temps brumeux, je prends mon courage à deux mains et direction… Brugg, petite bourgade dans le canton d’Argovie.

Le musée Vindonissa offre une exposition temporaire remontant les époques d’un point de vue archéologique de notre fameux Röstigraben. Une exposition qui fait écho à celle intitulée « Rideau de Rösti », créée en 2005 au musée Romain de Lausanne-Vidy, dont le directeur Laurent Flutsch publie à cette occasion un livre du même nom. Et c’est parti !

Röstigräben - Was die Schweiz zusammenhält

A l’entrée, statistiques oblige, on me demande de quel canton je viens. En pensant réduire l’écart, je dis « Waadt » – « Vaud », bien que j’habite à Zurich. La jeune fille ne le trouve pas dans sa liste et m’inscrit sous Zurich… ça s’annonce bien ! La visite guidée commence, trois allemands n’ayant jamais entendu parler du terme « Röstigraben » se joignent à moi.

On apprend que les Romands cuisinent les röstis à l’huile, les Suisses allemands au beurre. On apprend aussi que le terme « Graben » de Röstigraben ferait référence aux tranchées pendant la guerre, tandis que le « Rideau » du Rideaux de röstis viendraient du rideau de fer, évoqué par Churchill avant la guerre froide entre le monde occidental et communiste.

Un point me surprend, l’exposition n’est qu’en allemand. Mais le but n’est-il pas justement d’unifier la Suisse ?! « Nous ne nous attendions pas à recevoir autant de Romands sachant que l’exposition avait déjà eu lieu à Lausanne » nous explique la guide. Pourtant, le nombre de visites Romandes sont clairement supérieures. Mais, pourquoi les Romands sont-ils plus intéressés par ce sujet que les Suisses allemands? Toujours selon notre guide, le terme Röstigraben serait tabou chez les Suisses allemands. Pourquoi ? D’une part car le Röstigraben est toujours évoqué d’un point de vue négatif envers les Suisses allemands et, d’autre part, les Romands, minoritaires, prendraient le sujet plus à coeur.

Autre bizarrerie, les paroles de notre Hymne national qui n’ont rien à voir d’une langue à une autre. Une traduction si peu fidèle que c’est à se demander si les mêmes valeurs sont transmises. Dès avril 2015, vous pourrez aller écouter les 7 finalistes pour le nouvel hymne national dans le musée Vindonissa.

Finalement, la visite se conclut par la pétition pour inscrire le Röstigraben au patrimoine de l’UNESCO, au même titre que le carnaval de Bâle par exemple. Le but de cette initiative ? Faire prendre conscience des différences en Suisse, pas pour diviser, mais pour en faire une force.

L’exposition « Röstigräben – Was die Schweiz zusammenhält » est à visiter jusqu’au 27 septembre 2015 !

Caroline Graf

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