Anne-Chantal Pitteloud, l’artiste nomade

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• 5 juillet 2015

Modeler à l’envie

Une dernière bouffée de chaleur et la porte se referme. Une odeur de bois consumé et de terre cuite s’échappe. A cuisson lente, les objets prennent forme et changent lentement d’apparence, au rythme de la chaleur. Ce four en a vu de toutes les couleurs et de toutes les formes. Il est le témoin secret des créations multiples d’Anne-Chantal Pitteloud, artiste nomade.

Dans son atelier, des pinceaux traînent sur une table, entre un pot de peinture et une petite scie. Plus loin, de grosses spatules de bois jonchent le sol au milieu de la poussière d’argile. C’est le lieu où l’inspiration se concrétise et devient réelle. Où tout est permis.

Les mains musclées d’Anne-Chantal y attaquent la terre et lui donnent forme, l’œuvre devenant lentement réalité. Sa prédilection : la céramique. Il faut pouvoir toucher et sentir l’objet. Sinon la frustration apparaît. Car le dessin est le second dada de l’artiste sierroise. Avec la vidéo parfois. C’est dans son antre de la Ferme-Asile à Sion que Anne-Chantal s’exprime pleinement, avec tous ses outils.

geographie

À la recherche des reliques imaginaires

Anne-Chantal est double diplômée de l’École Cantonale d’Art du Valais (ECAV) et de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg (ESAD). Après s’être « laissée embarquer dans une formation de dessinatrice en bâtiment », elle décide à 27 ans de suivre ses envies : se lancer dans une réelle formation artistique. À l’ECAV, elle se forme au dessin et à la peinture. Mais le désir de partir à l’étranger la pousse à franchir la frontière. Elle a bien joué car c’est à l’ESAD qu’elle découvre la céramique et tombe amoureuse du travail de la terre.

Se définissant comme « artiste nomade », Anne-Chantal voyage beaucoup : « bouger géographiquement » est un besoin vital pour créer. Une source d’inspiration directe pour cette artiste. Dans sa dernière exposition “Empreinte”, l’imaginaire du voyage est au cœur de sa création et de sa réflexion. Des tâches d’encres étalées et séchées rappellent la forme d’anciens atlas d’une autre époque.

Plus loin que le vestige et le passé, elle s’interroge également sur l’aspect éphémère de la vie. En témoigne son exposition « Vestiges ». L’artiste met en forme des résidus de fabrication de céramique et les met en valeur, montrant la fragilité de ces restes et leur donnant un autre rôle à jouer que celui de tomber dans l’oubli.

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Suisse, diversifie toi !

Prix d’encouragement à la création de l’État du Valais en 2006, Anne-Chantal expose régulièrement en Suisse et en Europe.
 Elle prépare actuellement deux expositions pour cet automne : l’une à la Galeria Graziosa Giger à Leuk ; la seconde avec les nouveaux artistes de Visarte Valais, association professionnelle des artistes visuels. Car la céramiste milite également au sein de cette association pour défendre le statut des professionnels vivant de l’art. Pour elle, la Suisse a besoin de se diversifier et d’accepter les différences :

“ Je souhaiterais davantage de reconnaissance pour les artistes professionnels en Suisse. On oublie souvent que c’est un vrai travail et qu’il doit être rémunéré ”.

Un message clair pour encourager la création artistique en Suisse et aider les jeunes à se lancer.

Vous êtes intéressé-e par le travail d’Anne-Chantal Pitteloud ? Vous pouvez consulter son site internet, la contacter par mail (anne.loup@hotmail.com) ou tout simplement aller la voir dans son atelier : Atelier à la Ferme-Asile, promenade des Pêcheurs, 10, 1950 Sion.

Maxime

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