Xavier Meyer : portrait d’un organisateur de festivals qui trace sa route

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• 18 août 2015

Un as de la communication

C’est au sens propre autant qu’au sens figuré que Xavier Meyer fait avancer la Suisse.

Né il y a un peu plus de trente ans sur les hauteurs de Sion, Xavier a comme qui dirait la tchatche – tennis, musique, politique, cuisine. Xavier a non seulement une opinion mais aussi de bonnes idées sur presque tout ! Portrait.

Pas vraiment étonnant donc de le retrouver à vingt-cinq ans, à Fribourg, une licence de sociologie de la communication en poche. Ce fribourgeois d’adoption travaille ensuite pendant six ans dans la communication, à la Confédération et dans plusieurs institutions, n’hésitant pas à mouiller la chemise au-delà de la fameuse barrière de rösti.

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Le bus point com, alias Barney, une entreprise mobile

À la fin de l’année 2009, notre entrepreneur frappe une première fois avec le concept original du bus point com. Barney de son petit nom, le bus point com est un bus de ville se muant, selon les besoins, en plateforme de communication, en galerie d’art et même en bistrot. Mis en location à destination d’entreprises, d’artistes ou de particuliers motivés par l’idée d’avoir pour un soir leur propre bar, le bus point com recèle autant de possibilités d’aménagements qu’un bus Lego.

Véritable couteau-suisse de vingt-deux mètres carrés, il se module à souhait, adoptant tour à tour la couleur de la société représentée, de faux airs de musée et l’ambiance d’une buvette. Pour Xavier, sensible à la question de l’ouverture à l’inconnu :

« Le bus point com permet entre autres à de jeunes artistes de renverser certaines barrières, en emmenant leurs œuvres dans des lieux nouveaux ».

Barney a déjà pas mal sillonné la Suisse ; peut-être l’avez-vous croisé en plateforme de prévention pour le BPA, en studio de radio ou en lieu de projection à la lanterne magique ? Xavier ayant d’autres projets sous la semelle et Barney se faisant vieux, le bus point com devrait s’octroyer une grosse halte en 2016.

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Quand open air rime avec hiver

En 2011, Xavier lance une création aussi originale que son bus mais dont le patronyme va faire bien plus jaser : Le Goulag. Le Goulag est un festival de musique en plein air – jusqu’ici rien de très extravagant. Sauf que les festivités du Goulag se tiennent à la fin du mois de février, à Fribourg, sur ce plateau suisse que la grisaille et la bise martyrisent tellement en hiver. Pas un temps à mettre une guitare dehors ! Mais Xavier est formel :

« J’ai toujours trouvé que Fribourg avait un potentiel culturel fort et je m’y suis intéressé ».

Ce ne sont donc ni la pluie ni les températures négatives de l’hiver fribourgeois qui pouvait stopper les ambitions du jeune homme. C’est d’ailleurs cette seule référence au climat sibérien qui explique le nom du festival, nom que Xavier a choisi et assume, quitte à devoir s’en justifier souvent. Un comble pour celui qui considère que la bonne santé de la scène musicale suisse fait avancer la Suisse et qui affirme :

« La musique réunit les gens et les aide à surmonter certains tracas du quotidien, de par les émotions positives qu’elle transmet. La tolérance, que je désire pour les Suisses, va souvent de pair avec la musique ».

Mais revenons au festival. Le Goulag, c’est avant tout une soirée gratuite de concerts forcément énerg(ét)iques et un public de mille personnes chauffé à bloc par la musique, les bûches finlandaises, les shots de vodka et la fourrure des chapkas. Et si depuis deux ans Xavier a laissé sa place de directeur pour officier comme programmateur, pas question pour lui de se reposer sur ses lauriers. Avec Xavier, Fribourg bouge !

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Les Georges, un air nouveau au cœur de Fribourg

Jamais à court d’idées, Xavier monte il y a deux ans le festival Les Georges avec un pote valaisan. Jamais en reste non plus lorsqu’il s’agit de baptiser ses projets, Xavier s’inspire du nom même du lieu de la manifestation. Le festival qui se déroulera sur la place Georges-Python s’appellera Les Georges !

Comme ce dernier avec son université, Xavier a rencontré moult obstacles avec le festival qu’il dirige. Vainqueur d’un concours lancé par les autorités, Les Georges ont en effet évincé du centre-ville de Fribourg une Jazz Parade vieille de vingt-cinq ans non sans quelques remous judiciaires provoqués par les perdants. Si Le Goulag rassemble un millier de fans un soir d’hiver autour de groupes majoritairement suisses, Les Georges ont eux des allures de mini-Paléo, la boue en moins.

Pour sa deuxième édition qui a eu lieu mi-juillet, Les Georges ont réuni, aux cotés de groupes locaux, des pointures internationales telles que Goran Bregovic, La Rue Kétanou, Other Lives ou Moriarty. Sur cinq soirées et une journée (consacrée à la famille), le festival a déplacé 18’500 personnes, soit 3500 paires d’oreilles de plus qu’en 2014.

Un tel succès dans une ville d’à peine 35’000 habitants s’explique certes par une programmation musicale de choix, mais aussi par tous les petits et gros bonus qu’offrent Xavier et son staff ; des soirées gratuites, un système de bus gratuit pour rentrer chez soi, de la nourriture au goût de tous les palais et une garderie ouverte jusqu’à la fin des concerts… gratuite of course !

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Les Georges ne sont pas prêts de se taire ; jusqu’en 2019 au moins, ils ont l’autorisation de squatter leur place homonyme. Aux yeux de Xavier :

« Ce festival apporte beaucoup de bonheur et contribue à faire parler de Fribourg partout en Suisse et à l’étranger ».

Pour sûr, Fribourg ne sera pas le dernier endroit dans lequel Xavier va semer son enthousiasme. Envie de contacter Xavier et pourquoi pas  louer Barney ? Ecrivez-lui par email.

Coralie Dorsaz

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