Depuis la Suisse, récit d’un voyage à la conquête des cieux espagnols

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• 16 mars 2015

Voler : on en a tous eu envie

Depuis la nuit des temps, l’être humain a rêvé d’être un oiseau, libre de survoler les grands espaces, d’atteindre les nuages et de virevolter dans les airs. Or ce fantasme qui nous poursuit depuis toujours est aujourd’hui en bonne partie démystifié grâce… au parapente, évidemment. Ce moment extraordinaire où l’on plane entre les cumulus, porté par le souffle du vent, est plus simple à vivre que ce que l’on peut imaginer.

Embarquée par une équipe de cinq potes en perpétuelle quête de sensations fortes, je vous raconte mon séjour en Espagne où mes pieds ont pour la première fois quitté la terre ferme pour explorer les cieux.

Cap sur Algodonales : la Mecque des parapentistes

Janvier, la neige commence à tomber en Suisse. Mais Lez, Zouille, Poloch, Boubi et Sylvain décident de laisser leurs doudounes au placards, boudant l’hiver pour s’envoler au pays de la paella et des corrida. Arrivé à l’aéroport de Séville, le soleil battait son plein, annonçant déjà le meilleur pour leurs expéditions aériennes.

Mais, avant de s’envoyer en l’air, le premier défi est déjà de trouver l’hôtel. Équipe “GPS“ contre équipe “sens de l’orientation“. Allez, pour pas faire de jaloux, on va dire que les deux groupes ont contribué à atteindre Algodonales – ou ont contribué au petit détour. Situé dans la province andalouse de Cadix, ce petit village du sud de l’Espagne offre un climat sec et ensoleillé toute l’année. On comprend facilement pourquoi Algodonales est convoité par de nombreux parapentistes des tous les pays d’Europe.

Le site dispose de quatre points de décollage, avec toutes les orientations possibles, des dénivelées allant de 200 à 700 mètres et deux zones aménagées pour l’atterrissage – c’est toujours mieux de prévoir cette étape-là. Et si, au mois de janvier, la météo joue parfois des tours, elle laisse toujours des belles surprises

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C’est partit pour les cieux

Premier jour : départ pour Sierra de Lijar, à un peu plus de 1’000m d’altitude. Décollage prévu côté ouest. Une trentaine de pilotes venus profiter de l’air de la montagne donnent à la montagne des couleurs de printemps, avec leurs voiles multicolores que le vent fait claquer comme un chef d’orchestre polyphonique. Ça plie, ça déplie (la voile donc), on se tâte, on doute un peu. Le vent souffle tantôt depuis l’arrière, tantôt de face. Et en parapente, il ne suffit pas d’avoir du vent ; il faut que ça souffle et que ça souffle dans la bonne direction.

Puis on aperçoit des vautours planer, c’est un bon signe ! Il y a des courants thermiques qui montent et c’est alors le moment pour les pilotes de tenter leur chance. Les plus expérimentés prennent le devant, les autres suivent. Terminés les gonflages au sol, cette fois c’est le début des longues journées passées dans les airs.

Un marathon aérien

Pouvoir voler tous les jours, au moins durant une heure, ce n’est pas si habituel. Et l’équipe des « chevaliers de l’horizon » l’on fait ! Bon, faut quand même avouer que le site exceptionnel offre les conditions idéales pour explorer toutes les possibilité du parapente : vol à distance, thermique, dynamique, du cross, un plouf ou une première fois en biplace. Pour les termes techniques, merci de contacter des professionnels ! :)

Bien sûr, il y a des moments où il faut patienter. Et la météo ne se montre pas tout les jours aussi clémente. Mais si les cinq potes ont parfois été déçus de la durée de leur vol quotidien, ils ont toujours retrouvé le sourrir le jour d’après !

Gerhard Ganter, “chef d’expédition“, a aussi largement contribué à l’optimisme général. Alors qu’un vent d’ouragan se levait et que tous les parapentistes pliaient leurs voiles, le guide rappelle sa troupe : « Attendez un moment, ça va passer ». Et… le vent tombe ! Faut dire que le gars connaît son terrain de jeu et que ce n’est pas la première fois qu’il aura surpris les plus sceptiques.

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Et alors, on décolle ?

Il est clair qu’accompagner une équipe de parapentistes jusqu’en Espagne permet de découvrir de nouveaux paysages, de respirer le bon air frais de la montagne et de manger des tapas tous les soirs. Mais les « chevaliers de l’horizon » n’allaient quand même pas accepter que leur amie quitte le pays sans sans connaître l’ivresse de l’altitude !

Et apparemment, la concernée a adoré :

« J’étais convaincue d’avoir une imagination assez fertile pour savoir ce qu’on ressent en vol en me fiant à des témoignages qui ne manquent jamais à l’atterrissage. Erreur fatale! Il y a toujours une première fois et ça fait toujours des papillons dans le ventre ! 
C’était une grande surprise pour moi quand on m’a annoncé que j’allais faire mon premier vol en biplace. Je me suis sentie comme dans une salle d’opération avec tous ces gens qui m’encourageaient et David et son équipe qui veillaient à ma sécurité.
 Au moment du décollage, quand il fallait courir, je ne touchais même pas le sol. J’ai eu la sensation de me détacher de mon corps. Quand on a commencé à monter, j’avais un nœud dans le ventre, un cocktail d’émotion difficile à expliquer. Quand j’ai pu enfin m’asseoir dans ma sellette, c’était le paradis. Nous avons commencé à prendre de la hauteur, en douceur, sans même que je m’en rende compte. Et c’est là, quand il m’a annoncé “on a dépassé les 1000 mètres… On continue ?“. C’est là que j’ai enfin compris pourquoi l’homme rêve de voler.
 »

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Après une semaine de pur bonheur, le voyage s’achève à Séville, avec son fleuve Guadalquivir qui suit sa route vers l’océan, sa Cathédrale Notre-Dame, ses théâtres et musées. Une région dotée d’une grande richesse historique et culturelle et, bien sûr, d’un formidable terrain de jeux pour tous ceux qui veulent s’envoyer en l’air. Un endroit qui invite à y retourner.

Il est possible de retrouver des informations en espagnol sur le site algodonales.es ou sur ganterfly.de en 4 langues dont le français.

Norma Alonzo

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