Pourquoi l’otage suisse qui a réussi à s’évader pourrait passer à la caisse

The Swiss Federal Palace is pictured in front of the Alps in Bern

• 15 décembre 2014

La passion du risque

Mali, Philippines, Yémen, Colombie ou encore Pakistan… Et oui, nos voyageurs helvétiques en quête de frissons sont toujours plus nombreux à s’aventurer dans des destinations à la stabilité contestable. Avec plus ou moins de réussite !

On se souvient du couple de Zurichois, Werner et Gabriella Greiner, kidnappés fin janvier 2009 au Mali alors qu’ils se rendaient au Niger. Ils ont été libérés, séparément, quelques mois plus tard.

Pas de chance non plus pour notre couple de Bernois Olivier David Och et Daniela Widmer, relâchés (selon l’armée pakistanaise) ou ayant réussi à fuir leurs ravisseurs en mars 2012 après avoir été kidnappés le 1er juillet 2011 dans la province du Baloutchistan, malgré les avertissements des ambassades occidentales relatifs à la dangerosité de la zone dans laquelle ils se sont rendus.

Dernier en date, l’ornithologue de 49 ans Lorenzo Vinciguerra et sa spectaculaire évasion la semaine dernière, alors qu’il était retenu depuis trois ans déjà sur l’île de Jolo, dans le sud des Philippines. Passionné d’ornithologie, il a été capturé alors qu’il effectuait une expédition pour photographier des oiseaux rares sur l’archipel isolé de Tawi-Tawi, près de l’île de Jolo. « N’y allez pas. C’est trop dangereux » pouvait-on lire sur son site internet à son retour. Une mise en garde concédée aux autorités philippines.

Vous payez cash ou par carte ?

Il se pourrait que l’imprudence de ce dernier otage suisse arrivé vendredi dernier à l’aéroport de Zurich lui coûte cher. Très cher.

Le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) désirant responsabiliser les voyageurs qui ne suivent pas les recommendations émises quotidiennement sur son site, les frais engagés pour la mise en place de la cellule de crise dans le cas de Lorenzo vont être calculés de la façon suivante: 150.- francs par heure et par personne ayant travaillé sur le dossier durant ses trois années de captivité. Voilà qui devrait faire mal au porte-monnaie ! Un montant total transmis au Conseil fédéral et qui pourrait être exigible.

Mais ça, c’est en théorie! Car, souvenez-vous de notre couple de Bernois, dont les frais de rapatriement se seraient élevés à 20’000 francs selon la presse. En échange d’un travail de prévention bénévole dans les écoles, leur ardoise a gracieusement été effacée. Même chose pour notre couple Zurichois. Ainsi, il est usage en Suisse de ne réclamer aux kidnappés que les frais de transport et laisser le reste à la charge du contribuable.

Le saviez-vous ?

Expats, grands voyageurs, compatriotes: notre Département fédéral des Affaires étrangères est au top !

Grâce à ses précieux conseils aux voyageurs, préparez au mieux votre envol grâce aux informations relatives à la situation sécuritaire à l’étranger. Si, comme nos kidnappés, vous ne connaissiez pas ce service, n’attendez plus et aller faire un tour sur le site du DFAE.

A chaque destination correspond une fiche comportant les actualités, des conseils spécifiques, les conditions d’entrées dans le pays ou encore le climat des relations entre les deux pays. Seuls les lieux ou les régions présentant un danger pour les ressortissants suisses qui désireraient s’y rendre sont explicitement mentionnés, bien que la responsabilité de la préparation et de l’organisation du voyage vous incombe.

A vos risques et périls mais vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous avait pas prévenu !

Soucieuse d’assurer une bonne santé à ses citoyens du monde, merci à notre Confédération pour ce précieux service qu’elle offre en permanence !

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Camilla Barbezat

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