L’artiste Thomas Mustaki, un jeune autodidacte qui peint avec ses tripes

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• 1 juillet 2015

« Parler c’est pas trop mon truc, je préfère peindre »

D’accord. Thomas Mustaki n’est peut-être pas le mec le plus loquace du coin. Mais ce n’est pas pour autant qu’il n’a rien à dire. Loin de là. A coup de pinceaux trempés de couleurs éclatantes, d’un trait aussi fin que le jeu de basse de Roger Waters, l’artiste lausannois exprime sur la toile tout ce qu’il ne parvient pas à verbaliser.

Une sincérité brute qu’il peint comme une partie d’âme transposée en couleur. Peut-être aussi un moyen d’exorciser ses pensées les plus délirantes ? Une chose est sûr; pour Thomas, la peinture offre plus qu’un équilibre. Elle est devenue un véritable remède qui canalise la violence de son besoin insoumis d’extériorisation.

Le Lausannois ne revendique pas la transmission d’un message défini; à travers ses œuvres, il espère simplement – mais sensiblement – provoquer des émotions et susciter des réactions. Assis sur un fauteuil baroque dans un vieux jeans recouvert de tâches colorées, les pieds posés sur une des nombreuses palettes qui ornent son atelier-garage inondé de tubes de peinture, de canettes et d’œuvres de toute taille et de toute forme, Thomas, fidèle à lui-même, inspire profondément sur sa clope et nous raconte sa rencontre avec la peinture.

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« Le simple fait d’étaler de la peinture me procurait un soulagement incroyable »

Petit déjà, Thomas avait plutôt l’habitude de ramener de l’école des cahiers débordants de dessins et d’essais poétiques que des notes de premier de classe. Puis la phase de conflits et de rébellion adolescente l’a fait planer jusqu’au jardin de sa voisine Marie-Jeanne qui l’a ensuite escorté jusqu’au divan d’un psy. A 15 ans, suite à une grosse casse, l’artiste en herbe – au sens figuré bien sûr – se retrouve hospitalisé. C’est dans ses conditions qu’il découvre les joies de la peinture lors d’une séance d’art thérapie

« Ce fut une révélation immédiate. Le simple fait d’étaler de la peinture sur des feuilles de papier à l’aide d’un rouleau me procurait un soulagement incroyable ».

De là naît un rapport intense entre Thomas et la peinture.

« Plus la peinture devint viscérale et vitale à mon bon fonctionnement, plus elle devint ma façon première de tenter de communiquer avec mon entourage. Je réalisai finalement à 17 ans que ma place ne se trouvait pas derrière un bureau mais bien derrière un chevalet. »

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Une passion qui fait s’évader la Suisse

Thomas ne retournera pas à l’école. Il prend son courage à deux mains et organise à 18 ans sa première exposition. Un premier contact entre ses œuvres et un public ; une première occasion de faire réagir. Entre teinte « street art » et style néo-expressionniste, les œuvres de Thomas interpellent. L’artiste, lui, n’espère rien davantage.

« Nous vivons dans un monde qui bouge énormément et dans lequel nous ne prenons plus le temps de nous arrêter pour vivre, contempler et rêver. J’espère réussir à apporter un peu de cela dans le regard des gens. Je peux offrir une part d’évasion aux gens touchés par mes œuvres. »

Artiste autodidacte depuis toujours, Thomas teste et innove sans cesse, peignant aussi bien des statues d’animaux qu’une vieille Jeep ou une bouteille de bière. Parmi des dizaines d’expositions entre la Romandie et la Suisse allemande, la passion de Thomas l’emmène aussi jusqu’à Berlin, Milan et Bruxelles où il expose. Mais c’est bien en Suisse que l’artiste poursuit sa lutte.

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« Je pense que la Suisse s’ouvre de plus en plus et c’est une bonne chose. Toujours plus d’événements artistiques, alternatifs ou culturels de manière générale. Il me semble qu’elle est sur une bonne lancée. Je désire pour elle un peu moins de pression sociale et un peu plus d’étoiles dans les yeux. Privilégiez la passion plutôt que la productivité. »

C’est dit. C’est peint. Il ne vous reste plus qu’à découvrir les dernières œuvres de Thomas via son site internet ou directement dans son atelier en prenant contact par email ou téléphone.

Crédit photos : 1. Wolf Mike, 2. Salomé Prêcheur, 3. Pablo Delpedro et 4. Bax Image

Damien Gaillet

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