Drive4less, pour passer son permis sans se ruiner

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• 18 août 2016

 Un sésame à prix d’or

Ô précieux sésame émancipateur, ô licence si convoitée par les jeunes assoiffés de liberté, ô autorisation d’accès ritualisée à l’âge adulte, ô clé des champs et des voies bitumées, ô … Oh ! Vous trouvez qu’on en fait un peu trop ? Peut-être. Mais vu l’investissement nécessaire à l’obtention d’un permis de conduire, on est en droit d’aduler cette petite carte aux grands pouvoirs.

Entre théorie et pratique, cours de sensibilisation, cours L2 et cours de secourisme, le coût moyen du permis de conduire s’élève aujourd’hui à 3’250 CHF. De quoi pousser certains jeunes en quête d’indépendance à hypothéquer leur Smartphone voire à vendre un rein. A ce prix là, mieux vaut être sûr de soi lors de l’examen. Mais encore faut-il avoir eu la chance de pouvoir s’offrir suffisamment d’heures de conduite.

Conscients de ce problème onéreux, deux étudiants de l’université de St-Gall ont créé une application permettant de mettre en relation apprentis conducteurs et accompagnateurs bénévoles afin de faciliter l’accès au permis de conduire. Car tout le monde n’a pas la chance d’avoir un parent libre pour l’entrainement à 4 roues.

Échanges de bons procédés entre particuliers

Pour Paolo Piffaretti et Tobian Bienz, l’idée est simple. « Le but de Drive4less est de rendre le permis abordable, en permettant aux élèves de s’exercer après avoir appris la théorie avec un professeur de conduite. L’objectif est de permettre à ceux n’ayant aucune personne avec qui s’exercer, de le faire sans devoir se ruiner. »

Attention aux malentendus. Paolo et Tobian ne veulent pas remplacer les professeurs d’auto-école, mais bien offrir des heures de conduite à toutes les personnes qui n’ont pas la chance d’avoir des proches pour les aider. Dans le vent de l’économie du partage et des nouveaux échanges entre particuliers, Drive4less veut démocratiser le permis en misant sur l’entraide pour acquérir l’expérience nécessaire à l’obtention du permis.

« De nos jours, le permis de conduire est un luxe pour beaucoup trop de jeunes en Suisse. Il faut rendre la Suisse compétitive à nouveau en mettant les consommateurs de classe moyenne comme vous et moi en priorité. Nous voulons permettre à tout le monde de pratiquer la conduite sans être discriminé par la taille de son porte-monnaie. »

Une start-up qui roule en zone grise

Si l’application, d’abord lancée dans le canton de St-Gall puis dans toute la Suisse, a rapidement connu un franc succès, elle a également suscité de vives réactions parmi les profs d’auto-écoles et les spécialistes de la circulation routière. Les premiers craignent la concurrence, les seconds dénoncent une pratique illégale.

Mais les deux co-fondateurs de l’association à but non lucratif défendent leur concept. «Nous avons fait des tests, certains élèves donnaient un petit quelque chose mais la plupart des accompagnateurs ne le font pas pour l’argent ». Et côté juridique, la start-up évolue en fait dans une zone d’ombre.

Selon l’Office fédéral des routes, une personne privée ne peut enseigner qu’à un seul élève conducteur par année, sauf s’il s’agit d’un membre de son entourage familial proche. Une juridiction pas toujours évidente à contrôler et qui crée ainsi une zone grise exploitée par Drive4less. A vous d’en profiter tant qu’il est encore temps.

De quoi donner le sourire à Paolo qui se rappelle une phrase de l’un de ses professeurs qui l’a beaucoup influencée : « La prochaine fois que vous avez un problème, essayez d’y trouver une solution plutôt que de vous énerver dessus ». Un conseil à suivre pour tous les futurs entrepreneurs.

Pour bénéficier des services de Drive4less, accédez à leur plateforme sur leur site ou à travers Facebook et Twitter.

Image à la une: Quapan, Flickr

L’équipe Rosti

 

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