Corinne Hofmann, « la Massai blanche » publie son cinquième livre

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• 21 septembre 2015

L’extraordinaire destin de « la jeune fille au cou de girafe »

Corinne Hofmann, l’auteure du best-seller « La Massai blanche », traduit en 33 langues et vendu à plusieurs millions d’exemplaires, raconte dans son dernier livre qui vient de paraître chez Knaur Verlag de Munich comment elle est devenue la femme qu’elle est. Son récit autobiographique « Das Mädchen mit dem Giraffenhals » (La jeune fille au cou de girafe) retrace un parcours peu commun, prélude à un extraordinaire destin.

Nous rencontrons Corinne Hofmann chez elle, dans sa belle villa sur les pentes du Monte Bré au-dessus de Lugano. L’après-midi est ensoleillé et chaud en cette fin d’été. Vêtue d’un paréo, détendue et bronzée, la « Massai blanche » nous reçoit sur sa terrasse qui surplombe le lac avec vue sur le Mont San Salvatore. Un cadre idyllique: « je vis au Tessin depuis 2002″ raconte-t-elle, « je m’y sens chez moi et chaque fois que je dois m’éloigner je suis heureuse de rentrer. J’ai acheté cette maison en piètre état et je l’ai restructurée toute seule. » De couleur ocre et entourée d’une végétation luxuriante, elle reflète la personnalité de sa propriétaire, solide et chaleureuse. L’intérieur est décoré de statues, objets et tableaux ramenés du continent noir où Corinne a vécu de 1986 à 1990 aux côtés d’un guerrier massai, père de sa fille unique Napirai aujourd’hui âgée de 26 ans.

Notre entretien débute à peine lorsque la sonnette de la porte d’entrée retentit. On livre à Corinne des exemplaires de son cinquième livre qui sera distribué dans les libraires d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse allemande début septembre. « Pourquoi « la jeune fille au cou de girafe », demandons-nous à l’écrivaine? « C’était l’un des surnoms que l’on me donnait quand j’étais gosse » répond-elle, « j’avais un long cou que j’ornais de laçets de cuir ou de colliers. On m’appelait aussi « grande perche ». Je n’étais pas comme les autres et j’en ai souffert, je me souviens que durant les camps scolaires, aucun garçon ne voulait jamais danser avec moi à cause de ma haute taille. »

Un long travail de recherche et de mémoire

Aujourd’hui âgée de 55 ans, splendidement portés, cette belle femme blonde aux yeux verts a décidé d’écrire son autobiographie il y a environ une année, « après qu’une journaliste m’eut demandé si j’avais toujours été aussi téméraire et optimiste ou si mon caractère avait été forgé par mon séjour en Afrique. Cette question m’a fait réfléchir et m’a amenée à entamer un long travail de mémoire, à me souvenir de ma vie avant l’Afrique, en Afrique puis à Lugano. J’ai parlé de mon idée avec mes parents qui ont divorcé lorsque j’avais 21 ans et sont remariés chacun de leur côté et qui l’ont approuvée. »

L’histoire de sa vie a coûté à l’auteure environ sept mois de travail de recherche et rédaction. Et après « La Massai blanche » publié en 1998 et qui l’a projetée sur la scène internationale, « Retour d’Afrique », « Retrouvailles au Kenya et « Ma passion africaine », tous parus chez A1 Verlag de Munich, le dernier récit a été publié par Knaur Verlag, aussi à Munich « qui imprimait déjà mes livres en format de poche et a racheté A1 Verlag ».

Dans cet ouvrage Corinne Hofmann qui se dit conteuse plutôt que romancière – « je n’ai pas assez d’imagination pour inventer, je raconte des faits » – retrace sa vie en toute sincérité. Elle a trouvé « beaucoup de parallèles » avec les choix de ses parents. Enfant d’un jeune couple « peu conventionnel », lui Allemand de l’Est et elle Française de Colmar, tous deux arrivés à Neuchâtel au milieu des années cinquante en quête de travail, Corinne a ressenti sa condition d’étrangère dans la Suisse des années Schwarzenbach: »Je suis née en 1960, j’étais l' »enfant-sandwich » la fille coincée entre deux frères. J’ai grandi dans le canton de Glaris où mes parents ont construit eux-mêmes une maison, en montagne. L’école était à six kilomètres et on y allait à pied. Ces parcours quotidiens ont forgé mon tempérament de combattante et aujourd’hui lorsque je vois ces mamans qui accompagnent leurs enfants en voiture jusque sur le pas de la classe, cela me dépasse! »

« Je rêvais d’être une squaw, pas une princesse »

Corinne Hofmann évoque aussi certains épisodes de son existence qu’elle a perçu comme des injustices: « en 1975, à la fin de ma scolarité obligatoire, je voulais faire un apprentissage de fleuriste et je croyais avoir trouvé une place lorsqu’au bout du compte l’employeur m’a dit qu’il préférait engager une Suissesse. J’ai alors suivi une formation de vendeuse puis d’employée de commerce à Zurich. »

Véritable célébrité en Allemagne surtout où son best-seller « La Massai blanche » est devenu un film, tourné en 2004 dans la brousse kenyane, là-même où elle avait vécu pendant quatre ans, Corinne Hofmann a-t-elle forgé son extraordinaire destin dès l’enfance? « Je n’ai jamais rêvé de devenir une princesse de conte de fée. J’attachais mes cheveux, je nouais un bandeau sur mon front, j’y enfilais une plume et je jouais à être une squaw! »

C’est ce désir d’aventure qui, en 1986, poussa Corinne alors propriétaire d’une boutique à Bienne, à tout abandonner pour repartir au Kenya où elle venait de passer des vacances avec son ami. Fascinée par le beau guerrier samburu (une ethnie massai) Lketinga qu’elle avait vu danser pour les touristes, la jeune femme rompit ses fiançailles, vendit tous ses biens et se lança à la recherche d’un homme dont elle ne savait rien. Mais qu’elle finit par retrouver et par épouser en robe blanche au beau milieu de la savane! La naissance de la petite Napirai en juillet 1989 n’aplanit pas les difficultés existentielles du couple. Pour sauver sa vie Corinne, alors minée par la malaria, réussissait à rentrer en Suisse avec son bébé en octobre 1990. Huit ans allaient se passer avant la parution de « La Massai blanche » qui retraça son incroyable histoire africaine: « si le destin ne m’avait pas conduit au Kenya, je serais peut-être restée en Suisse, je me serais mariée et aurais eu deux enfants. Je suis heureuse de ce que la vie m’a réservé » conclut l’écrivaine.

Gemma d’Urso, Lugano

« Das Mädchen mit Giraffenhals », Corinne Hofmann. Knaur Verlag Münich. 320 pages, 28 francs.

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