Chiner : la nouvelle tendance pratique, écologique et idéologique à petit prix

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• 21 mars 2015

Moi je suis moi et toi tais-toi !

Marre d’être habillé-e comme tout le monde ? Marre d’avoir un salon qui ressemble trop à la page 17 du dernier magazine IKEA ? Marre de dépenser 200 balles pour un sac à dos en toile vintage qui, malgré la nouvelle tendance hipster, reste un sac en toile ?

Notre société connait actuellement un nouveau fléau qui ravage – entre autre – la diversité et l’artisanat : la standardisation ! Aujourd’hui on va (presque) tou-te-s s’habiller chez H&M, on achète notre vaisselle et nos armoires chez le géant suédois, on se promène sur notre vélo Athleticum et on écoute de la musique sur notre i-pod.

Même si (presque) tout le monde jouit de ces mêmes biens de consommation, beaucoup d’entre nous cherchent néanmoins toujours à se différencier. Nous voulons tous nous affirmer, avec notre personnalité propre, notre style, notre philosophie. Le mouvement contestataire des hipsters, né dans les années 40, – dont les grandes firmes ont fait un marché tendance et lucratif – témoigne bien de cette volonté de marginalisation volontaire qui passe par de nouveaux codes culturels et physiques.

Alors comme « ce que l’on est se construit par ce que l’on fait », si vous voulez vous démarquer et vous différencier du courant “mainstream“ tout en faisant un pas dans la bonne direction pour notre planète, c’est le moment d’aller chiner !

Hier on allait “faire du shopping“, aujourd’hui on va “chiner“

“Chiner“ ? Ça veut dire quoi ça ? Ben vous l’avez sûrement déjà tou-te-s fait en allant fouiller dans le grenier ou la cave de vos (grands-)parents à la recherche d’objets ou de vêtements qui vous donne une idée de comment ils vivaient, eux, à l’époque de jadis.

Vous avez saisi, “chiner“ c’est partir à la chasse aux vieux objets qu’on déniche la plupart du temps dans les brocantes, les marchés aux puces, les antiquaires, les vide-greniers… Justement, ce genre de marché commence à faire de l’ombre aux grandes surfaces. Et de plus en plus, parmi les plus âgé-e-s, on croise des jeunes chineur-se-s à la recherche d’originalité.

Économique, écologique et idéologique

Il n’y a que des bonnes raisons à aller chiner ! Tout d’abord, la plupart du temps, la chemise à carreaux vintage ou le manteau à fourrure vert de la brocante vous coûte 8 fois moins cher qu’un t-shirt ou une casquette achetés chez une grande marque. En plus, vous pourrez être sûr-e-s de ne plus croiser votre sosie vestimentaire 14 fois par jour. Et pour les étudiant-e-s qui montent une nouvelle coloc’, mêmes les canapés Fly et les armoires Ikea ne peuvent rivaliser, question prix, avec ceux d’Emaüs.

Ensuite, “chiner“ c’est recycler ! Au lieu d’acheter du neuf – fabriqué au tiers monde –, vous réutilisez de l’ancien, chargé d’histoire qui plus est. Vous pourrez alors rendre justice à la mode de vos (grands-)parents. Si on y réfléchit… les blousons en cuir, les vinyles et les lunettes d’aviateurs sont aujourd’hui de nouveaux tendances alors que c’était totalement “has been“ il y seulement quelques années en arrière !

Aller faire un tour sur les marchés au puces, finalement, c’est un état d’esprit ! Une occasion de se faire plaisir à petit prix, de trouver un cadeau original pour ses proches, de donner une nouvelle vie à des objets destinés à la benne à ordure, d’être différent dans le bon sens du terme, de préserver un patrimoine en voie de disparition, etc…

Aujourd’hui, chiner c’est cool et ça fait avancer la Suisse !

Avis aux amateur-rice-s, ce n’est pas les vide-greniers qui manquent en Suisse… Jugez plutôt par le seul exemple de la place de la Riponne à Lausanne qui voit chaque semaine se bousculer de nombreux-ses vendeur-se-s de vêtements, mobiliers et bibelots en tout genre.

Photo de 55Laney69, Flickr, CC BY 2.0

Damien

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