Bâle – New York : retour sur le succès d’Helvetica

H3

• 2 septembre 2015

« Confœderatio Helvetica »

Elle fêtera ses 60 ans bientôt… Qui est-ce ? Helvetica, bien sûr !

Mariage, naissance, deuil, curriculum vitae… Vous ne la remarquez peut-être pas, mais cette police d’écriture vous accompagne dans tous les instants de votre vie, les bons comme les moins bons.

Créé en 1957 par le graphiste zurichois Max Miedinger dans la fonderie Haas à Bâle, elle fut d’abord nommée Haas Grotesk. Mouais… Pas top, on en convient ! Heureusement, tout le monde revint à la raison trois ans plus tard, en 1960, année où elle fut définitivement baptisée Helvetica, nom dérivé du latin, Confoederatio Helvetica. Ouf !

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Image : John Cooper, Flickr

Emblème de la typographie suisse

Comment une police d’écriture peut-elle devenir culte ? Ce succès, elle le doit avant tout à sa simplicité mais aussi à la réputation du design suisse dans le monde durant les années 1960 et 1970. Un terreau favorable qui en fit la star des grandes entreprises.

De American Airlines à American Apparel en passant par Skype, Nestlé, ou encore Panasonic, Helvetica a su s’imposer parmi les plus grands ! Et si elle a vite trouvé sa place dans les entreprises, elle est également parvenue à creuser son nid dans la signalisation urbaine.

New York, Berlin, Londres ou Tokyo regorgent de Helvetica que ce soit dans les stations de métro, en lisant le nom d’une rue ou une signalisation routière. Et si Zürich, fierté nationale oblige, en est très imprégnée, Gary Hutswit, auteur d’un film consacré à la progéniture de Max Miedinger, a été frappé par son omniprésence en Allemagne.

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Un film consacré à une police d’écriture

Oui, et aucune autre, à notre connaissance, peut se targuer d’en avoir fait de même. Et ce n’est pas tout ! Rupture de stock à l’époque pour le livre « Homage To A Typeface », vendu à 15’000 exemplaires, qui s’est également occupé de retracer l’omniprésence de la police dans les grandes multinationales.

Entreprises, espaces urbains et mêmes artistes. Tous sont tombés sous son charme ! Des Beatles à U2, en passant par Grace Jones, ces sommités ont fait usage de cette police pour la pochette de leurs albums. Et tous les passionnés de polices de caractères (il doit bien y en avoir 2 ou 3) vous le diront :

« Arial n’a rien à voir avec Helvetica, elle n’est que, au mieux, sa pâle copie ! »

Bon, c’est sûr que pour le commun des mortels dont je fais partie, cela ne saute pas forcément aux yeux (oui, c’est vrai que le « a » semble différent, le « t » aussi si on cherche bien). Et si Arial est devenue la police de référence pour de nombreux ordinateurs, elle n’en reste pas moins le substitut bon marché de notre star nationale qui continue à briller parmi les 100’000 polices de caractères qui existent.

Bon film !

Camilla Barbezat

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