Avec BestMile, Raphaël développe les transports en commun de demain

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• 11 juin 2015

Et si le futur c’était maintenant ?

Imaginez un monde où les voitures fonctionneraient sans chauffeur, où les transports publics vous emmèneraient jusqu’au pas de votre porte, où l’électricité aurait remplacé l’essence, où il suffirait d’un clic sur son téléphone pour trouver un véhicule collectif qui nous amène jusqu’à l’endroit où on veut se rendre.

Vous savez quoi ? Ce monde existe déjà ! Du moins, il est en construction. Après les tests de voitures sans conducteurs de Google ou Tesla, une start-up romande agrandit le spectre de l’utilisation des véhicules autonomes. Son domaine d’expertise ? Les transports en commun.

Née sur le campus de l’EPFL, BestMile a développé un logiciel ultra-complexe qui permet de contrôler en temps réel des navettes électriques autonomes capables de transporter huit personnes en même temps. Rostigraben vous raconte l’ascension des entrepreneurs du futur.

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CATS, Navya et Raphaël

Tout commence en 2012 avec le lancement du « CATS » (City Alternative Transport System), un programme européen visant à développer des transports publics autonomes. Au même moment, l’EPFL – qui est toujours au taquet question innovation – achète un premier prototype de véhicules sans chauffeur répondant au doux nom de Navya.

Toujours au même moment, Raphaël Gindrat effectue son master en génie civil et décroche un emploi à temps partiel à l’EPFL. Un emploi qui va changer beaucoup de choses dans la vie de ce Neuchâtelois puisqu’il arrive pile en même temps que Navya.

On va pas vous faire le coup de l’histoire d’amour entre un homme et une machine mais… c’est presque ça. Pendant deux ans, Raphaël va dompter Navya et réfléchir, avec l’aide de ses associés, à un logiciel informatique capable de contrôler en temps réel, de façon autonome, tout type de véhicule électrique. L’idée ayant germé dans un train en 2013, c’est en janvier 2014 qu’il lance officiellement sa start-up BestMile.

On s’accroche.

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Quand tout va vite

La vitesse maximale des ces véhicules a beau être limitée à 20km/h, BestMile se développe avec une incroyable rapidité. En juillet 2014, l’EPFL fait enfin sortir Navya des ses garages pour entamer la première phase de tests du programme CATS.

Pendant un mois, trois navettes – indépendantes l’une de l’autre – véhiculent plus de 1’500 personnes entre le Rolex Learning Center et le Quartier de l’Innovation sans rencontrer aucun accident. Test concluant autant pour l’EPFL que pour la start-up dont cette dernière valide la nécessité de créer un nouveau logiciel capable de gérer une flotte de véhicules 100% autonomes qui pourront communiquer et se coordonner entre eux.

Le développement du nouveau logiciel en question débute en septembre 2014 et sa première version est mise en fonction en avril 2015 lors de l’inauguration sur le campus de l’EPFL de « CityMobil2 », un nouveau projet de six minibus électriques sans chauffeurs, soutenu lui-même par la Commission européenne. Le duo Sommaruga Simonetta et Hollande François ont fait le déplacement pour célébrer l’heureux événement.

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Succès, quand tu nous tiens

Après ces phases de tests réussies, l’équipe de BestMile a présenté son logiciel au concours de Venture Leaders. Et comme 19 autres start-up suisses prometteuses, BestMile a été sélectionnée pour participer à 10 jours de formation aux USA.

Cours de business pour apprendre comment attaquer le marché des véhicules autonomes, networking pour rencontrer d’autres entreprises, d’autres entrepreneurs et peut-être des investisseurs potentiels ; c’est le programme qui attend BestMile.

« C’est aussi l’occasion de prendre contact avec les 19 start-ups suisses qui sont dans la même situation que nous. On a sûrement les mêmes problèmes, certaines sont plus avancées que d’autres. On pourra donc se donner mutuellement des conseils. » se réjouit Raphaël.

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Comment faire avancer la Suisse (sans chauffeur) ?

Actuellement en pleine phase de recherche de fonds, BestMile se prépare pour prendre son envol. Même si l’équipe n’a jusque-là pas rencontré de vrais problèmes de financement, Raphaël s’inquiète néanmoins.

« En Suisse, on est très innovant, on a de très bonnes Unis et Ecoles polytechniques mais, par rapport aux USA, il y a beaucoup moins d’investisseurs. C’est certainement ce qui manquent aujourd’hui aux start-ups suisses pour décoller au niveau international. Pour se développer, certaines start-ups doivent soit partir à l’étranger, soit se vendre à des groupes étrangers, c’est dommage. »

Alors si vous voulez soutenir le projet de BestMile, n’hésitez pas. Ils ont beaucoup de chances de décoller et encore plus de changer l’avenir de la mobilité.

Raphaël, un dernier conseil à donner aux entrepreneurs de demain ?

« Il faut saisir les opportunité quand elles se présentent. On ne sait jamais vraiment où commence une histoire. Quand je réfléchis maintenant à la période où ça a commencé, sur le moment j’en étais pas forcément conscient. Alors il faut se lancer et oser prendre des risques. »

L’équipe Rosti

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