Allô swissnex, ici la Suisse… Adriano nous répond bien depuis Rio

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• 8 avril 2015

La diplomatie au service de la science

A votre avis, quel est le dénominateur commun entre l’Ecole Hôtelière de Lausanne, le parachutisme et le Jiu-Jitsu brésilien ? Alors… vous séchez ? La réponse : Adriano Dupraz, un Suisso-brésilien né à Genève, aujourd’hui exilé à Rio où il travaille chez swissnex “do Brasil“ dans la diplomatie scientifique !

Des diplomates scientifiques ? C’est des chimistes qui roulent avec des plaques immatriculés « CD » (Corps Diplomatique) ? Mmm… pas tout à fait. Etre diplomate chez swissnex, c’est d’abord fournir aux scientifiques suisses le réseau et les moyens nécessaires pour développer la science, l’innovation, l’art et l’éducation et faciliter les échanges et les collaborations à l’étranger

Les escapades le long de la plage d’Ipanema, c’est donc pour plus tard – surtout qu’au Brésil, mieux vaut avoir le permis de voiture avec mention « réflexe Jedi » avant de s’engager dans les rues bondées de Rio de Janeiro. Mais soyons sérieux.

Le Brésil, plus grand pays d’Amérique latine, est aussi la 7ème puissance économique mondiale. Alors c’est sûr, le pays est plutôt attractif pour les entrepreneur-se-s suisses. Avec le programme spatial le plus complexe d’Amérique latine, un accélérateur de particules, des médecins, des mathématiciens, des physiciens, etc… mondialement réputés, des ressources naturelles importantes et un savoir-faire scientifique indéniable, le berceau de la capoeria et du foot offre des possibilités d’entrepreneuriat aussi bonnes que les conditions climatiques nationales ! – on en oublierait presque les favelas et la déforestation…

Mais Adriano, notre expat du jour, préfère les frappes de clavier aux coups de hache puisque, depuis son bureau chez swissnex, il œuvre d’abord au développement scientifique du pays. Petit coup de projecteur sur ce “passeur de cerveaux“.

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De Genève à Rio

Aîné d’une fratrie de 4 garçons, Adriano pousse son premier cri dans la cité de Calvin où il obtient sa maturité au Collège André Chavane. Adepte de sensations fortes, il s’adonne aussi bien à la plongée qu’au parachutisme et aux arts martiaux.

Mais son hobby préféré reste le travail ! Pas possible ! Si, si, il le jure. Eternel optimiste, Adriano s’engage continuellement dans de nouveaux projets (comités et associations) et est le premier à donner un coup de main à ses potes. Il ira jusqu’à lancer une petite start-up d’import/export avec son cousin. Et même si l’entreprise n’a tenu que 2 ans, Adriano en aura retiré bien des expériences – plus encore que depuis les bancs de l’EHL.

Il est aujourd’hui propulsé de l’autre côté de l’Atlantique où il participe au recrutement des cerveaux helvétiques motivés à tenter l’expérience de travail momentanée à l’étranger. En effet, selon lui, le plus grand atout de la Suisse, ce sont les têtes bien faites et bien pleines qui sortent des grandes écoles mondialement reconnues que compte notre pays.

Et comme la Suisse a de bonnes écoles mais malheureusement pas toujours d’opportunités de travail dans les domaines d’excellence scientifique – il paraît que l’entretien d’embauche du CERN est assez complexe (?!) – beaucoup d’étudiant-e-s fraîchement diplômé-e-s optent pour l’expatriation. Une occasion de sortir un peu de son environnement habituel.

Pour Adriano, il est aujourd’hui intéressant pour lui de participer à la construction de ce pont entre la Suisse et le pays au Pain de Sucre, faciliter l’échange et inciter des savoirs et des technologies étrangères à venir également tenter l’aventure sur le sol helvétique.

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Du vin et du shampoing

L’environnement brésilien, Adriano en profite un maximum. Créatif hyperactif, les idées du jeune « Project Manager » abondent. Avec un de ses associés de Rio, Adriano a développé un produit à base d’huile de Copaiba. Un moyen de profiter des ressources naturelles locales et de prendre soin de ses cheveux.

Et Adriano veille également au bon fonctionnement de son foie puisqu’il a intégré le comité de « WeWine », d’abord en tant qu’assistant, avant de reprendre la vice-présidence de l’association qui organise des dégustations de vin. En quelques mois, les rencontres hebdomadaires ont rassemblé plus d’une centaine de personnes.

Adriano a également trouvé le temps de s’investir dans le « Club des Entrepreneurs de l’EHL ». Le Club organise des conférences et des rencontres avec des entrepreneur-se-s pour échanger savoirs et expériences. Mais d’où vient cette envie de faire avancer le monde ?

« Après être sorti de l’école hôtelière, mon père a repris plusieurs restaurant et a créé « Chez Ma Cousine » à Genève tandis que ma mère a ouvert des salons d’esthétique et une boutique de seconde main ». Rien que ça !

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Alors, c’est comment la vie à Rio?

On imagine bien qu’un motivé comme Adriano prend son pied au milieu de l’effervescence brésilienne (embouteillages, vie nocturne active, spontanéité des brésiliens) qui, à bien des égards, doit contraster avec le charme et la sérénité de nos petites bourgades helvétiques.

« L’équipe est géniale, les conditions climatiques bien plus favorables qu’en Suisse et les gens un peu plus relaxes. Dans l’ensemble, les choses prennent un peu plus de temps à se faire ici. C’est très enrichissant de s’immerger dans une autre culture à travers un travail, surtout dans un pays avec une mentalité presque opposée à celle dans laquelle j’ai grandie. »

Et la Suisse dans tout ça ?

« La Suisse me manque toujours beaucoup, j’ai eu la chance de beaucoup voyager et cela m’a permis de me rendre compte à quel point la Suisse est géniale. De manière générale tout marche chez nous, c’est fou. Ce qui manque le plus reste le fromage et le chocolat. C’est un peu cliché mais c’est tellement vrai ! »

Et nos montagnes alors ?!

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Image de Christian Haugen, Flickr

Alors Adriano, comment faire avancer la Suisse d’après toi ?

D’après le jeune entrepreneur, c’est avant tout dans les domaines de l’éducation et de la diplomatie que la Suisse doit continuer à faire des efforts.

« Il est important que nous restions à la pointe des technologies avec des projets tels que Solar Impulse ou le CERN. Nos meilleures ressources sont nos cerveaux et notre habilité à les promouvoir, il faut donc continuer à investir dans nos universités et maintenir de bonnes relations avec nos voisins et le reste du monde. »

Et côté entrepreneuriat, Adriano estime que la Suisse devrait davantage féliciter les prises de risques.

« Dans un monde où les choses bougent aussi vite, il est nécessaire que les jeunes prennent des risques. Si nous ne saisissons pas les opportunités, d’autres le feront et nous finirons à la traîne. Enfin, il faut continuer à faire de la qualité. Je constate que le label « swiss made » a une réelle signification surtout ici au Brésil et que la Suisse est respectée pour cela. »

Tudo bem ! C’est noté !

Vous êtes en voyage au Brésil et voulez aller boire une petite Caïpirinha avec Adriano ? Vous êtes en Suisse et voulez entrer en contact avec ce jeune “Project Manager“ de Rio ? Pas de soucis ! Rostigraben fait tomber les frontières et vous met en contact avec Adriano Dupraz, 100% dispo sur Facebook ou LinkedIn.

Intéressé par les activités de swissnex Brasil ? N’hésitez pas à faire un tour sur leur site ou à demander conseil directement à Adriano. swissnex bosse aussi aux USA ! Découvrez le parcours de Cyril, un autre “Junior Project manager“ chez swissnex à New York.

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L’équipe rosti

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